Cimetière Notre-Dame
SIÈGE SOCIAL LES JARDINS DU SOUVENIR
75, boul. Fournier, secteur Hull à Gatineau
Établi en 1872
Une superficie de 33 acres de terrains bien aménagés et boisés dans un endroit d’une beauté paisible où règne le calme, le respect et la sérénité.
Le plus grand des six cimetières est le cimetière Notre-Dame, situé sur le boul. Fournier (secteur Hull). Il semble que les Oblats de Marie Immaculée ont acquis en 1866, un terrain d’une centaine d’arpents sur le boul. Fournier. En 1872, le Père Henri Tabaret a acheté dans le même secteur, 52,5 hectares de terrain de John et William Welch, marchands de bois de Hull. Par la suite, Andrew Leamy a donné 1,6 hectare de terrain pour ériger un cimetière à cet endroit. Le tout constituait donc une propriété assez vaste pour accueillir un cimetière.
Par la suite, International Portland Cement (site actuel du Casino du Lac-Leamy) a acheté une portion de ce terrain, d’autre portions du terrain ont fait l’objet de lotissements alors qu’environ 13 hectares servent de lieu de sépultures depuis maintenant près de 140 ans.
L’entrée du cimetière Notre-Dame est assez impressionnante. Elle est dotée d’un portail en pierres taillées construit en 1902 d’après les plans de l’architecte hullois, Charles Brodeur. Le portail est surmonté d’une statue de l’Ange de la mort sonnant la trompette du jugement dernier. Fabriquée en cuivre martelé, la statue a été réalisée par le sculpteur québécois Arthur Vincent dont c’est la dernière œuvre d’importance.
Construite en 1915, la maison du gardien du cimetière Notre-Dame a d’abord été habitée par Ovide Lemieux, son épouse Exhildat Jacques et leurs sept enfants, avant d’être la résidence de la famille de leur fils Joseph. La maison fut ensuite habitée par Ernest Martel et son épouse Alice Brault qui y élevèrent leurs neufs enfants, ils quittèrent cette maison en 1964. D’autres gardiens remplacèrent les Martel jusqu’en 1975. Après cette date, la maison servit de bureaux aux administrateurs du cimetière et les tâches du gardien furent réparties entre plusieurs personnes. Au mois d’octobre 2006, la maison fut vidée et les bureaux installés dans un nouveau bâtiment situé à l’endroit où était jadis le potager.
La maison du gardien était vraisemblablement rare dans la région. La valeur sociale de cette propriété repose sur le fait que cette maison évoque le travail très particulier et important du gardien-fossoyeur qui, par ses tâches, prenait soins des lieux où sont enterrés nos concitoyens, nos ancêtres, nos bien-aimés et nos élites. Une autre valeur sociale significative de l’époque s’exprime par la présence de cette résidence à l’intérieur du périmètre du cimetière : les souvenirs heureux des descendants des familles des gardiens et de leurs amis témoignent d’une époque où la présence de la mort faisait partie de la vie quotidienne.
Selon l’historienne, Manon Guitard, la valeur patrimoniale de cette maison repose sur le fait qu’elle a été la résidence des gardiens du cimetière et qu’elle est unique à Gatineau. Il s’agit en effet de la seule maison de gardien de cimetière de la ville. Sa valeur patrimoniale vient aussi du fait qu’elle est située à l’intérieur du périmètre du cimetière, tout près de l’entrée monumentale, et qu’elle constitue ainsi un élément significatif de l’histoire de ce lieu commémoratif.
De nombreuses personnalités sont inhumées au cimetière Notre-Dame. Parmi celles-ci, notons :
- la comédienne, auteure et critique Laurette Larocque, mieux connue sous son nom d’artiste, Jean Despréz (1906-1965);
- le fondateur du Rassemblement pour l’indépendance nationale, Marcel Chaput (1918-1991);
- le Père Louis-Étienne Reboul (1827-1877), fondateur de la paroisse et de la Cité de Hull ;
- l’acteur et metteur en scène René Provost (1903-1966), père du comédien Guy Provost ;
- la pianiste et poétesse Clara Lanctôt (1886-1958) ;
- l’allumettière Donalda Charron (1886-1967) qui a dirigé la fameuse grève des « faiseuses d’allumettes » de la E.B. Eddy en 1924 ;
- Marcelline Dumais (1850-1916), propriétaire de la maison où a commencé le Grand feu de Hull en 1900;
- Marie-Thérèse Archambault (1904-1960), première femme laïque à obtenir un doctorat en philosophie en Amérique du Nord en 1932 et héroïque défenseure de la langue française en 1917 ;
- le peintre Jean Alie (1925-1997) ;
- et plusieurs autres personnalités bien connues dans la région.
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